La période hivernale, je ne sais pourquoi, est sujette à de nombreux décès d’artistes. Après il y a quelques jours , l’inégalable Steve Cropper, c’est Bob Weir qui passe l’arme à gauche. J’ai eu la chance de voir une fois ce guitariste émérite sur scène en octobre 1990,
premier concert à Paris de surcroît au Zénith. Après avoir manqué en mars 1989, Molly Hatchet avec Danny Joe Brown, (je ne m’en suis toujours pas remis), autant vous dire qu’il valait mieux ne pas manquer le Grateful Dead en tournée européenne. Autant que je me souvienne, l’entrée du Zénith n’était pas du même coté et je me souviens d’une longue file et que cela fumait de partout. Ayant atteint les premiers rangs devant la scène, ce qui me marqua c’est que cela parlait américain de tout les côtés : les fameux Deadheads suivaient le groupe partout.
J’avais réussi à récupérer la moitié du concert en vidéo avant de l’avoir en entier. Le groupe joua 172 minutes ce soir-là. Comme la plupart des « jam bands » (les groupes qui improvisent sur scène), le Grateful Dead, à l’image des Allman Bros, aimait jouer longtemps dans la nuit. Je ne vais pas vous refaire toute l’histoire du Grateful Dead qui est très bien racontée dans le film « The Other One : The Long Strange Trip of Bob Weir ». On y apprend qu’il avait été adopté, et comment il a intégré le groupe à 16 ans. Quelques passages amusants, comme lorsque, interviewé à la télévision bien plus tard, un Jerry Garcia hilare explique comment ils avaient convaincu ses parents adoptifs de le laisser partir avec eux, en promettant qu’il finirait ses études. Ce qui n’arriva jamais : le Grateful Dead jouait sans arrêt. 2300 concerts en 30 ans (Ted Nugent en aurait donné plus de 6000)…
Je ne sais pas si le Dead and Company avec au chant l’incroyable John Mayer continuera mais cela serait une belle façon de continuer à rendre hommage à Jerry, Phil et Bob.
Bob Weir avait joué avec Blackberry Smoke en 2017 et cela avait été filmé, un sacré souvenir pour Charlie Starr et son groupe. Espérons que Bob a rejoint Jerry au paradis pour reformer le Grateful Dead.
Pour rendre hommage à Bob Weir, l’Empire State Building a été illuminé. Les Deadheads n’ont pas fini de pleurer.
Philippe Archambeau
