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Banner Thomas

by philippe.archambeau@wanadoo.fr

Le 10 avril 2017, Banner Thomas a succombé à une crise cardiaque après avoir lutté pendant plusieurs mois contre une pneumonie. Il avait soixante trois ans. Il a participé à l’aventure de Molly Hatchet dès 1973. Sans être le membre le plus charismatique du combo, il a joué sur ses quatre premiers albums, contribuant largement au développement de ce groupe mythique, tout d’abord, en demandant à Dave Hlubek de l’accompagner à la librairie de leur quartier pour récupérer le livre que Banner avait commandé (traîner Dave dans ce genre d’endroit relevait du tour de force). En feuilletant un magazine, les deux copains tombèrent sur des dessins de Frazetta et le fameux cavalier marqua leur imagination. Ils avaient trouvé la pochette idéale pour leur premier disque. Ensuite, en participant activement au répertoire du groupe. Il a écrit les paroles de «Gator country », un des morceaux d’anthologie de Molly Hatchet et du « Southern rock » en général. Il a collaboré à la composition de « I’ll be running », « Boogie no more », « Flirtin’ with disaster », « Good rockin’ », « Beatin’ the odds », « Bloody reunion », « Loss of control » et « Don’t mess around ». Il a écrit seul le magnifique « Sailor » et « All mine ». Il a aussi composé avec l’aide de Jimmy Farrar le sulfureux « Dead and gone ». On notera au passage que tous ces titres sont les plus « hard » du groupe. Oui, Banner Thomas avait un goût prononcé pour le hard rock et cela s’entendait dans son jeu. Son style de basse a indéniablement contribué au son si particulier de Molly Hatchet. Ah, la basse de Banner ! Il ne manque pas d’adjectifs pour la décrire. Rapide et entêtante sur « Bounty Hunter », elle monte au créneau avec les guitares à la fin des refrains et balance une phrase solitaire juste après le break. Galopante sur « Gator country », elle accompagne parfaitement la batterie hypnotique de « The creeper ». Envoûtante sur « Dreams I’ll never see », elle ronfle bruyamment dès l’intro de « Whiskey man ». Simple mais incontournable sur « One man’s pleasure », elle talonne le tempo vertigineux de « Boogie no more ». Menaçante sur « Flirtin’ with disaster », elle soutient la rythmique infernale de « Beatin’ the odds ». Percutante sur « Penthouse pauper », elle roule à fond sur « Double talker ». Très rock sur « Sailor » et « Bloody reunion », elle devient presque hard sur « Respect me in the morning », « Loss of control », « Don’t mess around » et « Dead giveaway ».
Olivier Aubry (Juin 2017)
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