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Octobre 2009 Feel Moore Band

by philippe.archambeau@wanadoo.fr

Interview Ludo (Feel More Band)
par Y. Philippot-Degand ( Octobre 2009 )

Bonjour Ludo,

Première chose, d’où te vient ce surnom de Ludo, qui est sans rapport apparent avec ton prénom « officiel » sur ton adresse courriel?

Ludo vient du latin ludo, ludas, ludare qui signifie « jouer, s’amuser »…
Pour information, je ne m’appelle pas Christian… Si j’ai mis Christian Patoulachi dans mon identifiant mail, c’est en référence à un sketch des Inconnus (« Les flics »).
Je m’appelle Ludo depuis toujours. Ta question, je croyais que c’était de l’humour au nième degré.
(Dont acte, Ludo s’amuse en effet beaucoup, ce qui n’est pas pour nous déplaire. NdR)

Peux-tu nous décrire ton parcours musical et te présenter un peu?

J’ai débuté la guitare à l’âge de 19 ans. Au début, je jouais sur une guitare classique en gaucher, mais ce n’était pas très évident. Un jour, un de mes potes m’a prêté une copie de Strat et un ampli Vantage et là j’ai vraiment commencé mon apprentissage. Je me suis usé les doigts sur Hendrix, SRV, Led Zep puis tous les grands noms du Blues…Ensuite, j’ai eu quelques expériences avec des groupes mais qui n’ont jamais débouché sur beaucoup de dates. En 2004, j’ai découvert le Pince-Oreille à Poitiers, un endroit très sympa qui organisait des bœufs plusieurs fois par semaine. Là-bas, j’ai cotoyé de très bons zicos comme Jeff Magidson, Robert Cooper, Xavier Pillac…Tout ça m’a donné envie d’intégrer un groupe pour jouer en live. En 2005, une connaissance me parle d’un groupe rochelais qui recherche un gratteux. J’ai pris contact avec le Feelmore et après une répét’, j’ai voulu intégrer le groupe. Quatre ans plus tard, je ne regrette pas mon choix et je souhaite que l’aventure continue…

Si tu avais eu le privilège de pouvoir jouer en gaucher de la guitare classique, ce qui n’est hélas pas donné à tout le monde et donne quelques résultats catastrophiques, pourquoi ne pas avoir continué, comme Jimi Hendrix, Paul Mc Cartney, Albert King ou Rusty Burns?
Au début j’ai en effet appris la guitare en gaucher, mais cela devenait quand même assez dur d’apprendre des morceaux que l’on me montrait en droitier, donc j’ai remis les cordes en droitier après quelques mois, mais je savais quand même jouer « Stairway To Heaven » par exemple.
A l’heure actuelle, es-tu capable, comme Steve Vai de jouer d’un côté comme de l’autre?
Je suis totalement incapable de jouer d’un côté comme de l’autre.
Savais-tu que Duane Allman, Johnny Winter et Stevie Ray (entre autres, hélas, mille fois hélas!) sont trois gauchers jouant en droitiers ?

Je ne savais pas pour SRV, Duane et Johnny Winter…

Depuis la première interview pour RTJ de Benoît et Gregg en avril 2006, il s’est passé bien des choses au sein du groupe, en particulier au niveau guitare.
Peux-tu nous résumer tout ça pour nos lecteurs?

A l’époque, le groupe comptait six membres. Depuis juin 2007, Tof a quitté le groupe et Gregg s’est mis à la guitare. Nous avons fait ce pari car l’osmose était bien installée entre nous cinq et parce que nous voulions préserver cet esprit. Désormais Gregg est guitariste-chanteur et il a commencé son apprentissage guitaristique avec un répertoire assez complexe. Deux après après, aucun des membres du groupe ne regrette ce pari car le feeling et la dynamique sont là, nous sommes sur la bonne voie.

Comment t’es-tu approprié les plans de guitare pas forcément facile des guitaristes de l’ABB?

J’ai débuté avec quelques tablatures pour dégrossir les morceaux. Pour le feeling et les plans solos, j’ai beaucoup écouté les enregistrements et joué par dessus. J’essaye de rester fidèle à l’esprit ABB tout en apportant ma touche personnelle, car je ne souhaite pas tomber dans le plagiat intégral sans aucun intérêt pour ma part.

Qu’est-ce qui t’a attiré vers la slide?
Comment procèdes-tu (type de bottleneck, doigt utilisé, accordage, etc…) ?

Avant de connaître les ABB, je n’avais jamais essayé de jouer en slide. J’écoutais pourtant beaucoup Rory Gallagher et Johnny Winter qui sont des fous furieux du bottleneck. Mais avec le Feelmore Band, j’avais cette possibilité de m’y investir et en écoutant le jeu de Duane Allman,
j’ai eu envie de reproduire ce son si particulier. Au début j’utilisais un bottleneck en laiton, puis j’ai essayé le verre et surtout le « corricidine bottle » utilisé par Duane.Ce dernier permet
d’obtenir beaucoup de sustain et un son très rond Je le place sur l’annulaire et je joue
en open de Mi, Sol et parfois en accordage normal selon les morceaux.

En tant que guitariste principal du groupe, peux-tu nous parler de la mutation
de Gregg en chanteur-guitariste?

Je préfère utiliser le terme d’évolution à celui de mutation car je pense que Gregg aspirait
depuis longtemps à devenir chanteur-guitariste. Lorsque nous nous sommes séparés de l’ancien guitariste, Gregg a saisi cette opportunité et s’est mis au travail. La tâche est extrêmement rude mais après deux ans, il a fait d’énormes progrès sans pour autant délaisser son rôle de chanteur.

Sa marge de progression est encore grande ce qui laisse présager de bonnes choses pour l’avenir.
Son apport instrumental rend-il ton travail plus « confortable » ou plus amusant?

Un peu des deux… Confortable, car cela me donne plus d’assurance et moins de responsabilité. Amusant, car des échanges se créent, cela donne l’occasion de partager pleinement nos feelings et donc de s’amuser. Mais le plus important c’est surtout de faire le maximum pour qu’il soit à l’aise et qu’il laisse sa sensibilité s’exprimer sans avoir trop de pression
.
En 2006, Gregg et Benoît nous parlaient d’un Live comme prochain album,
et nous voilà devant un nouvel album studio. Pourquoi cette évolution?

Nous avions la volonté d’enregistrer l’album live à l’été 2008 à l’occasion d’une soirée-concerts organisée chez notre ami Bicquet. Notre concert a été enregistré mais cela manquait de qualité
à vrai dire. Bicquet nous a proposé de revenir à l’automne pour enregistrer dans son studio tout neuf. Tout le groupe a accepté cette invitation et au final pas d’album live, mais un album studio beaucoup plus abouti que le premier.

Je remarque que l’enregistrement a été bouclé en un jour seulement :
une façon de compenser la frustration de ne pas pouvoir enregistrer un Live?

A vrai dire, si nous avions eu plus de temps, nous en aurions profité. Nous avons composé avec cette limite de temps. Cette contrainte nous a donné une part de stress mais beaucoup moins qu’un Live. La prise de risque est plus faible et l’erreur est réparable…

Vous êtes restés fidèles à votre équipe d’enregistrement, en particulier à « Bicquet », ça rassure?

Bicquet est avant tout un ami musicien. Pour réaliser « One More », il était naturel de travailler avec lui car il nous connaît bien et il dispose d’un cadre magnifique pour nous accueillir. Ayant déjà enregistré « One », Bicquet voulait aussi continuer l’aventure avec nous. Chaque fois que nous sommes chez lui, nous déconectons complètement du monde extérieur pour nous consacrer
à notre musique, cela explique aussi notre fidélité.

Votre version du célèbre « Dreams » diffère complètement des plus courantes versions comme celles de Molly Hatchet, ou en France Backstreet, alors que vous semblez au contraire vouloir rester assez proches des grands « classiques ». Comment expliques-tu cette différence de traitement?

Personnellement, je trouve notre version de « Dreams » plus proche de l’originale que celle de Molly Hatchet. Nous nous sommes inspirés de la version studio des ABB ainsi que du Live à Atlanta. Je tiens à préciser que 3 semaines avant l’enregistrement, nous ne jouions pas ce morceau ; mais je voulais faire le maximum pour l’inclure dans le CD.
Après un bon travail et le son de Bicquet, nous sommes assez satisfaits de cette version.

Est-ce toi qui fais l’intro de « Call Me The Breeze », le seul titre annoncé de l’album qui s’éloigne
un peu de la sphère ABB? Si oui, ne t’y trouves-tu pas un peu seul? Peux-tu nous en dire plus
sur ce choix?

C’est bien moi et si je suis seul, c’est que tous les autres étaient au bar !!!
Cela change de l’original…

De temps en temps des chœurs plutôt bien vus viennent appuyer le chant solo.
Or seul Gregg est crédité sur la pochette. Est-ce Gregg en re-re qu’on entend ou d’autres membres du groupe participent-ils vocalement?

Benoît et moi avons apporté notre soutien vocal à Gregg sur « Call Me The Breeze »
et « Blue Sky ». Ce moment donna lieu au plus grand fou rire du week-end car nos talents
de chanteurs ne sont vraiment pas à la hauteur de celui de Gregg.

Vous avez choisi d’ajouter un titre bonus à la guitare acoustique (je suppose que c’est toi à la guitare) sans le nommer, alors que sa présence est annoncée très clairement sur la pochette. Pourquoi ne pas tout bonnement l’ajouter à la liste?

Nous n’avions pas prévu de morceau bonus dans l’album. C’est sur une proposition de Gregg et de Bicquet que nous avons essayé cette version de Come And Go Blues acoustique. J’étais pas très chaud au départ, mais après deux prises, le résultat était là et il était évident qu’il fallait l’inclure dans l’album. C’était une surprise pour nous et il fallait qu’il en soit de même pour tous, c’est pour cette raison que nous ne l’avons pas nommé, ni ajouté à la liste.

Même le lettrage et l’ambiance de la pochette de votre CD restent fidèles à l’esprit ABB.
Comment s’est décidé ce travail artistique? Peux-tu nous parler de Samuel Hillion qui l’a effectué?

Samuel est mon beau-frère et je connais son talent depuis longtemps. Il exerce la peinture
depuis 25 ans et possède de très bonnes connaissances en infographie. En 2006, il avait réalisé une affiche pour un de nos concerts et l’ensemble du groupe en était satisfait. Deux ans plus tard,
je lui ai donc proposé de réaliser la pochette du CD « One More ». Samuel a respecté nos désirs
et a rendu un travail de haute qualité. Le lettrage est volontairement inspiré de celui
des Allman Brothers, quand au reste, c’est un parfait mélange entre nos propositions
et sa touche personnelle.

Pour vous, est-ce aussi difficile qu’on le dit de trouver des dates pour jouer?

C’est vrai, d’autant plus en Charente-Maritime où les lieux de concerts sont rares.
Il faut bien se bouger et garder les bons contacts pour jouer régulièrement.

Benoît et Gregg ont donné aussi en leur temps, donc pas question pour toi d’éviter la traditionnelle question RTJ : si tu devais partir pour une île déserte
en emportant cinq albums, lesquels choisirais-tu?

Layla de Derek And The Dominoes(with Duane Allman),
Caravanserai de Santana,
Led Zep 1,
Blues de Hendrix et
Nothin’ But The Blues de Johnny Winter.

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