Accueil ChroniquesRON WOOD à l’Olympia – 5 sept 2026

RON WOOD à l’Olympia – 5 sept 2026

par philippe.archambeau@wanadoo.fr
LIVE REPORT

RON WOOD

Olympia de Paris — 5 septembre 2026
Photos : Gilles Gauthier

À l’annonce de ce concert de Ron Wood, avec la participation d’Imelda May, j’avais pris la décision d’y aller. L’annonce du prix des places, complètement délirant — 176 à 220 euros —, m’a vite refroidi. Mais coup de chance : une invitation. Et donc me voilà à l’Olympia.

À cause d’une mévente de places, la salle est ce soir en configuration tout assise. La rangée centrale du premier rang étant réservée à des « amis de Mick Jagger », m’a-t-on dit — ceux-ci étant entrés dans la salle dix minutes avant l’ouverture officielle —, je me rabats sur le premier rang, côté gauche.

Pas envie d’être assis derrière des gens qui me cacheront la vue dès que le public se lèvera. Sans oublier que, parmi les « amis », il y avait un géant d’au moins 2,05 m. Faut pas être derrière !

Bon, je ne sais pas ce que vaut Ron Wood en live, lui qui a toujours été considéré comme un second couteau chez les Stones — bon, ça fait quand même 50 ans qu’il est là, et heureusement, vu les performances de Keith Richards en live depuis un certain temps…

Aucune idée non plus du répertoire qui sera joué ce soir.

Vers 20 h 10, le set commence. Évidemment, c’est un peu le bordel, car les gens se lèvent pour se précipiter au premier rang. Le service d’ordre intervient dans un premier temps et, deux ou trois morceaux plus tard, tout se met en place. Je suis devant, sur le côté, peinard.

Quand on voit Ron arriver sur scène, il fait penser à un vilain canard : habits assez criards, chaussures de sport avec 5 cm de talonnette… et il attaque d’entrée par « It’s Only Rock ’n’ Roll ». Sympa, sans plus.

Évidemment, autour de moi, je n’ai quasiment que des fans des Stones. Pas méchants, mais avec l’impression qu’ils sont restés 50 ou 60 ans en arrière. Pas vraiment le public que je croise généralement. Et pas mal d’étrangers également.

Après cette introduction, le véritable set commence et je suis vite séduit par le choix des morceaux interprétés : des standards blues-rock des années 60 pour la plupart.

Certains sont connus. Pour d’autres, je connais les morceaux sans forcément connaître leurs auteurs, ou parfois je connais l’interprète mais pas l’auteur de la chanson, comme « River Deep – Mountain High », interprétée par Ike & Tina Turner mais écrite par Ellie Greenwich.

C’est donc un beau voyage vers le passé auquel j’assiste, avec le plaisir d’entendre tous ces morceaux en live, au hasard de la set-list.

Je retiendrai plus particulièrement « Remember (Walking in the Sand) » des fabuleuses The Shangri-Las, ou encore une superbe reprise de Dylan, « Seven Days ».

Ron Wood est entouré de quatre musiciens — basse, guitare, claviers et batterie. Le batteur — voir une de mes photos — ressemble curieusement au défunt Charlie Watts.

Il y a aussi la superbe choriste Chanel Haynes, à la voix magnifique, et bien sûr l’apparition, au bout du septième morceau, de la toujours ravissante Imelda May.

Ce qui m’a agréablement surpris ce soir, c’est de constater que Ron Wood est un excellent musicien de live et un excellent guitariste.

Quand je dis excellent guitariste, je ne parle pas de technique. Bien d’autres sont meilleurs que lui dans ce domaine. Mais Ron est un musicien de live : il a cette attitude rock’n’roll que j’aime, pas frimeur, mais authentique.

Sa complicité est évidente avec Imelda et aussi, assez curieusement, avec sa « guitar technician » — sa technicienne guitare — qui se trouve en plein centre de la scène, juste derrière ses deux amplis, et qui réaccorde, à chaque changement, l’une de ses sept guitares !

On sent une vraie complicité entre eux — pas comme l’autre naze de Jack White avec son technicien personnel. Je sens véritablement que Ron Wood prend du plaisir.

Bien sûr, il va reprendre des morceaux des Rolling Stones. « Hey Negrita », dispensable. Par contre, chouette version de « Country Honk », la version country de « Honky Tonk Women », avec une charmante violoniste.

Pour ma part, j’ai trouvé que cette version avait même quelques accents cajuns.

Et enfin ma préférée : une superbe reprise de « Can’t You Hear Me Knocking ».

Sinon, nous aurons également droit à des reprises de Willie Dixon, Aretha Franklin, Chuck Berry et de bien d’autres que je ne connaissais pas, mais toujours dans cette veine sixties qui me ramène presque 60 ans en arrière.

Et, bien sûr, des reprises des Faces.

Que dire d’autre ? Le set aura duré presque deux heures. Très, très belle surprise pour ma part. Agréable de voir la complicité de Ron, non seulement avec Imelda May, mais aussi avec ses musiciens. Et surtout de découvrir, au-delà de l’image du « second couteau » des Stones, un Ron Wood authentique, généreux et manifestement heureux d’être sur scène.

Gilles Barbeault

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